Les héros silencieux de la Première Guerre
 
 
 
 
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Les animaux

de la Première Guerre mondiale

Cloud Study. John Constable
 

Soldat allemand dans une tranchée et un chien surveillant les lignes ennemies. France, vers 1914. Photographie colorisée. Photo12/Heritage Images

   Durant la Première Guerre mondiale, des millions d’animaux ont été mobilisés au service des armées de tous les pays impliqués dans le conflit. Bien que les documents officiels les mentionnent rarement, les récits des poilus revenus du front documentent à quel point les chevaux, les chiens, les pigeons, les chameaux et même les éléphants ont joué un rôle crucial dans le transport, le sauvetage, la communication et le moral des troupes.

Zoom sur ces animaux qui partagèrent la vie des poilus et supportèrent l’effort de guerre à leurs côtés, souvent au péril de leur vie.

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Acheminer l'essentiel au front

Parmi les animaux mobilisés lors de la Première Guerre, les chevaux furent l’épine dorsale de la logistique militaire, transportant canons, munitions et ravitaillement mais aussi les hommes. Là où la motorisation faisait défaut, ils furent indispensables pour acheminer les denrées essentielles aux soldats. On estime à 11 millions d'équidés (chevaux mais aussi ânes et mulets) mobilisés par les armées.

Un soldat britannique ramène des bottes sur son cheval, pour ses camarades restés en position dans une tranchée. Bataille de la Somme, juillet 1916.

Photo12/L'Illustration

Les chameaux

Légionnaires juifs à dos de chameau, Gizeh, Égypte, Première Guerre mondiale, 1915-1918.

Photo12/Heritage Images

Sur les fronts en Afrique et au Moyen-Orient, ce ne sont pas les chevaux qui furent employés, mais les chameaux. C'est le cas de l'Imperial Camel Corps Brigade, qui en 1916, utilisaient les chameaux sur de longues distances en milieu désertique, grâce à leurs grandes capacités d'endurance.

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Les masques à gaz

Dès 1915, des gaz toxiques comme le chlore, le phosgène et le gaz moutarde furent utilisés massivement. 

Pour les animaux employés au front,

Photo12/L'Illustration

les ingénieurs durent adapter les dispositifs de protection (masques plus petits, capuchons en tissu imprégnés de charbon actif et autres filtres rudimentaires), qui étaient très impressionnants mais bien souvent inefficaces.

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Sauver des vies

Pansements provenant de la trousse de secours d'un chien sanitaire britannique, vers 1914-1915.

Photo12/Heritage Images

Chiens, chevaux et même chats participaient directement à la survie des soldats. Les chiens sanitaires de la Croix Rouge notamment, furent spécialement entraînés pour localiser et aider les soldats blessés sur le champ de bataille, certaines bêtes portant même des trousses de premiers secours. Outre ces missions de secours, il n'était pas rare que des chats soient employés à chasser les rats des tranchées afin de garantir plus d'hygiène pour les soldats.

Chatons dans une tranchée française en 1916 utilisés pour combattre les rats. Photo12/L'Illustration

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Communiquer sous le feu ennemi

Avec 60 000 pigeons voyageurs mobilisés par l’armée française, ces oiseaux furent des messagers longue distance essentiels alors que les lignes téléphoniques et télégraphiques faisaient défaut.

Parmi eux, le pigeon Cher-Ami est le plus célèbre. En 1918 en forêt d'Argonne, alors qu'un bataillon américain se trouve encerclé par les forces allemandes et sous le feu de sa propre artillerie, le pigeon Cher-Ami est envoyé en dernier recours. Touché par une balle et malgré une patte presque arrachée, il parvient à livrer le message, faire cesser les tirs et sauver le bataillon.

Quatre pigeons voyageurs de l'armée suisse installés à l'arrière d'une cage mobile. Juillet 1918.

Photo12/Underwood Archives/UIG

Lâché de pigeons voyageurs sur le front en 1915.  Photo12/Heritage Images

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Mascottes et réconfort

Au‑delà de leur rôle utilitaire, de nombreux soldats adoptèrent des animaux comme mascottes ou animaux de compagnie. Chiens, chats et autres petits animaux, souvent mentionnés dans les journaux de tranchées, apportaient un soutien moral précieux dans un quotidien marqué par l’isolement et la violence.

Un chien trône fièrement sur un canon de campagne, en France, lors de la Première Guerre mondiale. Photo12/Alamy

Un officier de la 444e batterie de siège de la Royal Garrison Artillery caresse un chat perché sur un obus, près d'Arras, le 19 juillet 1918.

Photo12/Alamy

Soldats territoriaux des Highlands dans une tranchée avec leur chien mascotte. Nord de la France, vers 1916.

Photo12/Alamy

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Mémoire des animaux tués

pendant la guerre

Des millions d’animaux ont souffert ou péri pendant la Première Guerre mondiale, jouant un rôle essentiel souvent ignoré. En France, leur sacrifice commence seulement à être reconnu. Ces dernières années, quelques monuments et plaques commémoratives ont été installées et honorent aujourd'hui leur mémoire et leur présence sur le front.

Le Mémorial des animaux de guerre (Londres), rend hommage aux innombrables animaux qui ont servi, souffert et péri aux côtés des forces britanniques, du Commonwealth et des Alliés lors des guerres et des conflits du 20e siècle.

Photo12/Alamy

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Jenny l'éléphante

L'éléphante Jenny transportant du bois sur le front allemand, en 1915.

Photo12/Alamy

Pour palier à la pénurie de chevaux, des animaux inattendus furent utilisés par les armées. C'est le cas de l'armée allemande qui préleva d'un zoo de Hambourg une éléphante nommée Jenny, et
qui fut employée dans des travaux forestiers, le remorquage ou l'aide au débardage, notamment dans les bois et forêts occupés par les troupes. 

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